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L’Index Glycémique : référence absolue ou bientôt référence obsolète ?

Le 22-10-2018

L’index glycémique (IG) d’un aliment caractérise son pouvoir hyperglycémiant. C’est-à-dire le pouvoir de l’aliment à faire monter le taux de sucre dans le sang.

Plus l’aliment est hyperglycémiant, plus le chiffre de l’IG est haut (100 avec le glucose par exemple). Les aliments contenant des glucides sont classés dans 3 grandes familles : les aliments à IG bas qui sont inférieurs à 50 ; les aliments à IG moyen entre 50 et 70 et les aliments à IG haut qui sont supérieurs à 70.

Cet indice est devenu en quelques années, un paramètre clef de l’hygiène alimentaire. De nombreux ouvrages ont été écrits sur cette thématique et des régimes entiers ne sont basés que sur lui avec par exemple le régime Atkins, célèbre dans le monde entier.

Travailler sur l’index glycémique est une première approche, mais il faut savoir aller plus loin, car cet indice ne tient pas compte de la portion réellement consommée. En effet, une petite portion d’un aliment à IG élevé (apportant donc peu de sucre au total) fera toujours moins monter la glycémie qu’un aliment à IG bas consommé en grande quantité…

C’est pour résoudre cette difficulté, qu’a été créée la notion de « charge glycémique » qui correspond au pouvoir hyperglycémiant d’une portion standard d’un aliment.

Mais, les choses se compliquent encore un peu : les deux indices que sont l’IG et la charge glycémique correspondent à un aliment consommé seul. Or, nous consommons principalement les aliments au cours de repas diversifiés.

Le pouvoir hyperglycémiant d’un aliment à IG haut sera réduit par la présence de fibres, de graisses et même de protéines dans le bol alimentaire. L’IG et la charge glycémique sont donc intéressants pour pouvoir composer des collations simples et rassasiantes, mais ils ont une valeur très relative dans le cadre d’un repas complet.

Pour finir, des études en cours confirment, ce que nous avons observé depuis des années, que l’IG d’un aliment serait différent d’un individu à un autre…

Tous ces éléments sont concordants et passionnants, car ils nous montrent qu’en santé humaine, rien n’est simple. Et à chaque fois que l’on essaye de simplifier à l’extrême, pensant bien faire, on s’éloigne de la vérité… et parfois même, on lui tourne carrément le dos. Nous sommes de ceux qui pensent que nos contemporains peuvent parfaitement comprendre des choses complexes à condition de les leur expliquer simplement.

L’IG est-il en train de devenir obsolète ? Oui, assurément, même si l’on peut s’en servir raisonnablement, comme nous le faisons, pour une sensibilisation générale à l’hygiène alimentaire.

Ce qui est vraiment fondamental en termes de nutrition est justement ce que votre corps, le vôtre, pas un autre, pas une moyenne… fait de ce que vous mangez (qualité et quantité mélangées). Et cela échappe aux Index, à la normalisation et aux règles générales. La seule règle qui compte est la personnalisation, en d’autres termes : vous ! À nous de nous adapter à vous et pour cela, il faut comprendre le fonctionnement de votre organisme.

Et le seul moyen de l’évaluer est de mesurer votre composition corporelle par la méthode de référence : la Dexa.

Cette méthode permet en effet d’avoir la synthèse de ce que vous mangez (quantité et qualité), de ce que vous consommez à travers votre activité physique et votre métabolisme.

Cela prouve, encore une fois, que la personnalisation de l’alimentation est possible voire indispensable en fonction de votre propre cartographie physiologique®.

C’est notre métier à l’Institut Prévention Santé Longévité.

 

Auteurs :
Stéphanie Dufant, diététicienne
Docteur Christophe de Jaeger
Version du : 19 octobre 2018.

 

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