18 01 2023 - Travailler assis 1

Travailler assis pendant des heures n’est pas bon pour la santé mais il existe des moyens simples d’y remédier

Selon une étude, cinq minutes de marche légère toutes les demi-heures peuvent contribuer à atténuer une partie du risque accru lié à la position assise pendant de longues périodes au travail.

Atlantico avec le Docteur Christophe de Jaeger, Directeur Médical et Scientifique de l’Institut Prévention Santé Longévité.

Atlantico : Selon une étude publiée jeudi dans le journal de l’American College of Sports Medicine, cinq minutes de marche légère toutes les demi-heures peuvent contribuer à atténuer une partie du risque accru lié à la position assise pendant de longues périodes de la journée. Est-ce crédible ?

Christophe de Jaeger : On sait depuis longtemps que rester inactif ou assis trop longtemps est nocif pour notre santé. Cet article nous le rappelle et introduit une petite nouveauté : le temps et l’intensité de l’activité nécessaires à briser l’inactivité physique dans laquelle nous nous engluons trop souvent au travail. Cinq minutes d’activité physique modérée toutes les 30 minutes. Cette activité physique peut être de la marche. Cela correspond d’ailleurs à un besoin naturel de se lever et de marcher que nous ressentons tous après un certain temps assis immobile. Par exemple, c’est la pause café après environ une heure (parfois moins) de travail. Cela permet de se « dégourdir » les jambes en allant et revenant de la machine à café. C’est aussi, par exemple, à d’autres moments de la journée, l’occasion d’aller discuter d’un sujet professionnel (ou non) avec un collègue dans un autre bureau. Et tout le monde sait bien que bouger permet de réactiver son organisme et permet de mieux travailler après. Ensuite 5 minutes toutes les 30 minutes, cela peut faire beaucoup dans un environnement professionnel où l’on passe habituellement 8 heures. 5 minutes toutes les 30 minutes représentent environ 1 heure et demi par jour. Soit environ 20 % du temps de présence au travail. Cela peut être un sujet de négociation au sein de l’entreprise.

Quels sont les risques pour notre santé de rester assis trop longtemps ?

Christophe de Jaeger : L’être humain n’est pas conçu pour la sédentarité, mais au contraire pour bouger. Ce n’est pas nécessaire que d’un point de vue intellectuel mais également d’un point de vue purement physique, afin d’activer les articulations et le système musculaire, de consommer de l’énergie, de faire travailler le muscle cardiaque  et de favoriser la vascularisation du cerveau. A tel point que qu’il existe des bureaux qui ont été conçus pour se tenir debout avec un tapis roulant, même si cela ne doit pas être très confortable.

De manière générale, ne pas bouger entraîne des maladies cardiovasculaires (hypertension, insuffisances coronaire et cardiaquee…) et des maladies métaboliques (diabète de type 2).

Quelles sont les autres méthodes pour atténuer le risque sur notre santé au travail ?

Christophe de Jaeger : L’étude a repris d’autres types de méthodes : mouvements du tronc, flexions extensions, squats. Il faut ainsi mobiliser l’organisme, faire circuler le sang et activer la musculation. Mais on peut également favoriser la respiration en faisant des mouvements amples du diaphragme. Vous pouvons également y rajouter toute sorte de mouvements, par exemple des bras, au cours de la journée, comme des étirements. Tous ces éléments peuvent contribuer à lutter contre la sédentarité qui va favoriser les maladies chroniques à terme.

Lorsqu’on est dans des bureaux, pour éviter d’appeler par téléphone un collègue, on peut tout simplement se lever et aller le voir directement. Il y a des tas de petites choses qui peuvent aider à réduire le risque.

En termes de qualité de travail, si vous faites une activité physique, vous êtes psychologiquement et intellectuellement plus actif. Certaines études existent à ce sujet. Si vous restez assis quatre heures d’affilée, en étant simplement face à un écran, vous favorisez la diminution de votre métabolisme de base et donc la diminution des capacités cérébrales (concentration, capacités d’analyse…). Un salarié efficace est un salarié heureux, donc pour être efficace, il doit également être physiquement actif dans la journée.  

Article à lire sur le site d’Atlantico

Le Docteur Christophe de Jaeger est médecin et son travail est centré sur la physiologie de la sénescence depuis plus de 30 ans.

Il a développé en particulier la notion d’âge physiologique (différent de l’âge chronologique et

de l’âge ressenti) et sa prise en charge afin d’optimiser le capital santé de chacun et de lui conserver le plus longtemps possible ses capacités physiologiques. En d’autres termes, rester en bonne santé le plus longtemps possible.

De formation initiale gérontologue, il a rapidement complété son cursus à la faculté des sciences en biologie de la sénescence. Il enseigne à la faculté de médecine de Paris et de Lille et également à la faculté des sciences dans le Master de biologie du vieillissement. Il a écrit ou coécrit de nombreux livres dont une dizaine grand public, ainsi que de nombreux articles scientifiques.

Son dernier ouvrage grand public est « Bien vieillir sans médicaments » aux Éditions du Cherche Midi.